Histoire

Objectif: Prévention à l'ouvrage!

1972. Accident au Mont-Wright, Fermont.
La priorité accordée à la prévention des accidents et des maladies du travail est relativement récente dans l’histoire du mouvement syndical québécois. La FTQ a largement contribué à cette évolution par ses revendications, ses formations et ses contributions à la recherche.

Vers une approche globale
À la fondation de la FTQ, l’action syndicale est principalement dirigée autour des enjeux de sécurité du travail et du droit à l’indemnisation des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Dès 1961, on parle également de santé et, surtout, de prévention. Aujourd’hui, la sécurité, la santé physique et mentale ainsi que le bien-être sont devenus des préoccupations de tous les instants.

La Loi sur la santé et la sécurité du travail
En 1979, le gouvernement du Parti Québécois adopte la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Elle intègre plusieurs des revendications défendues par la FTQ et le mouvement syndical québécois depuis les années 1960 : l’obligation de prévention, la reconnaissance des maladies professionnelles et le droit de refuser de travailler dans des conditions dangereuses. Ces gains profitent à tous les travailleurs et les travailleuses du Québec.
Ligne de piquetage devant l’usine de la Tafisa. En 2002, après sept semaines de lock-out, la multinationale Tafisa, à Lac-Mégantic, prend l’engagement de réduire les émanations de formaldéhyde dans l’usine. Novembre 1978. Des grévistes d’Atlas Asbestos entourent le ministre du Travail, Pierre Marois, lors d’un Colloque national de la FTQ sur la santé et la sécurité du travail.










Le partenariat
La création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), en 1985, est une autre victoire syndicale. Quatre représentants de la FTQ siègent à son conseil d’administration qui réunit patronat et syndicats.

Désormais, les syndicats sont reconnus comme des partenaires incontournables en santé et sécurité, dans les instances gouvernementales comme en milieu de travail. La CSST soutient financièrement ses partenaires syndicaux et patronaux dans leurs efforts de formation en prévention.

Un réseau d’entraide syndical
Une des innovations de la FTQ, saluée à travers le monde, est la création d’un réseau d’entraide syndical voué au bien-être de ses membres. Ce réseau réunit plus de 2 200 délégués sociaux et déléguées sociales qui offrent des services d’écoute et de référence à leurs collègues aux prises avec des difficultés dans leur vie personnelle ou au travail.

Des gains majeurs
Des percées, ainsi que les dispositions législatives sur le retrait préventif des travailleuses enceintes et l’obligation des employeurs d’offrir un environnement exempt de harcèlement psychologique, n’existaient pas au Québec il y a 30 ans à peine.

Prévenir, prévenir, prévenir…
La FTQ a été très active dans l’immense effort d’assainissement des milieux de travail par ses colloques, brochures, vidéos, contributions à la recherche et formations. Entre 1982 et 2005, la Fédération a dispensé à ses membres plus de 5 200 sessions de formation en santé et sécurité du travail.

Malgré tous ces efforts déployés, 223 personnes sont décédées des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle en 2005 au Québec.

Combien de ces décès, accidents, maladies auraient pu être évités si des outils de prévention prévus à la loi comme les comités de santé sécurité paritaires et le programme de prévention avaient été implantés dans tous les milieux de travail? C’est ce que la FTQ ne cesse de revendiquer depuis près de 30 ans.
Point de presse de Henri Massé, le 28 avril 2006. Près de 300 membres de la FTQ tiennent une vigile à la mémoire des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Croix érigées à la mémoire des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles.








Les grandes dates

1961: La FTQ et la CSN présentent un mémoire conjoint sur la santé et la sécurité du travail en commission parlementaire à Québec. Ce mémoire trace la voie aux grandes réformes de la fin des années 1970.
1970: La FTQ devient membre du Comité consultatif de la Commission des accidents de travail mis en place par le gouvernement du Québec.
1974: La FTQ tient le premier Colloque syndical au Québec portant exclusivement sur la santé au travail. Plus de 300 membres, de partout au Québec, y participent.
1975: Sous les pressions du Front commun FTQ-CSN qui regroupe 3 000 ouvriers de l’amiante, en grève à Thetford-Mines, le gouvernement de Robert Bourassa adopte la loi 52 reconnaissant le droit à l’indemnisation des victimes de silicose et d’amiantose.

La manifestation intercentrales de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses a pour thème « La santé au travail ».

La FTQ publie la brochure « Cessons de mourir à l’ouvrage ».
Accident de travail.
Accident de travail le
12 septembre 1983 à 19h09.
Brûlé à 70 % de son
corps au 3e degré.
1976: Création du Service de la santé et sécurité du travail (FTQ).
1979: Adoption par le gouvernement du Parti Québécois de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (loi 17).
1981: Le Québec accorde le droit au retrait préventif pour les travailleuses enceintes ou qui allaitent.
1985: Adoption de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles (loi 42) par le gouvernement du Parti libéral du Québec. Elle intègre un régime de remplacement du revenu et un régime intégré de réadaptation, tel que demandé par la FTQ.
1993: Amendement du Code canadien du travail pour inclure la réaffectation préventive des travailleuses enceintes ou qui allaitent.
1995: À l’occasion de la 10e Semaine de la santé et de la sécurité du travail, la FTQ s’inquiète des effets pervers des nouvelles technologies sur la santé et la sécurité, comme la hausse du stress.
2004: Le gouvernement de Jean Charest adopte dans la Loi sur les normes du travail des dispositions pour contrer le harcèlement psychologique. Elles deviennent partie intégrante des conventions collectives.

Émile Boudreau
Émile Boudreau, décédé en
novembre 2006 à l’âge de 90 ans, est le père du Service de la santé et de la sécurité du travail de la FTQ, créé en 1976. Il est l’un des grands responsables de l’évolution de la pensée et des actions de la FTQ en matière de santé et sécurité du travail. Il est également l’un des artisans de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, adoptée par le gouvernement du Québec en 1979.